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Trop sensible ou pas assez ? Le piège émotionnel de notre époque



La normalité émotionnelle : mythe ou nouvelle mode ?

Pourquoi les émotions semblent “trop” chez certains… et “pas assez” chez d’autres ?

Si tu écoutes les discours actuels sur les émotions, tu remarqueras un drôle de phénomène.

👉 Certaines personnes sont jugées trop sensibles.👉 D’autres sont jugées trop froides.

Et ce qui est frappant, c’est que la frontière ne dépend pas tant de l’âge…mais de la génération dans laquelle on a grandi.



Deux cultures émotionnelles qui se regardent sans se comprendre

Aujourd’hui, deux grandes visions des émotions coexistent.

Les générations nées avant les années 1990

Pendant longtemps, la maturité émotionnelle ressemblait plutôt à ceci :

  • garder son calme

  • ne pas trop montrer ce qu’on ressent

  • prendre sur soi

  • rester solide

Dans ce cadre, quelqu’un qui exprimait beaucoup ses émotions pouvait être perçu comme :

  • fragile

  • dramatique

  • immature

La norme implicite était simple :

👉 un adulte solide ne déborde pas émotionnellement.


Les générations nées après les années 1990

Depuis une quinzaine d’années, le discours a beaucoup changé.

On parle partout de :

  • hypersensibilité

  • trauma

  • intelligence émotionnelle

  • vulnérabilité

  • guérison intérieure

Exprimer ses émotions est devenu valorisé.

Aujourd’hui, quelqu’un qui ne parle pas beaucoup de ce qu’il ressent peut parfois être perçu comme :

  • coupé de lui-même

  • fermé

  • dans le déni

La norme implicite devient alors :

👉 quelqu’un de sain ressent beaucoup… et le montre.



Le résultat : tout le monde se sent “anormal”

Selon la culture émotionnelle dans laquelle tu as grandi :

  • tu peux avoir l’impression de ressentir trop

  • ou au contraire de ne pas ressentir assez

Et la question revient très souvent :

“Est-ce que je suis normal émotionnellement ?”



Spoiler : la normalité émotionnelle n’existe pas

La psychologie est très claire sur ce point.

Les émotions ne suivent pas un réglage universel.

Elles dépendent notamment :

  • de ton histoire

  • de ton éducation

  • de ta culture

  • de ton environnement

  • de ton système nerveux

En d’autres termes :

👉 il n’existe pas de niveau “normal” d’émotions.

Ce qui compte vraiment n’est pas combien tu ressens,mais ce que tu sais faire avec ce que tu ressens.



Le seul vrai critère qui compte

La recherche en psychologie montre que la santé émotionnelle repose surtout sur une compétence :

👉 la régulation émotionnelle.

Autrement dit :

  • savoir reconnaître ce qu’on ressent

  • pouvoir l’accueillir

  • ne pas se laisser submerger

  • ne pas se couper de soi non plus

La maturité émotionnelle n’est donc pas :

  • ressentir très fort

  • ou ressentir très peu

C’est savoir naviguer avec ses émotions.



Fais le test : où en es-tu avec tes émotions ?


Réponds honnêtement aux questions suivantes.

Est-ce que je sais identifier ce que je ressens ?Est-ce que je mets des mots sur mes émotions ?Est-ce que je m’autorise à ressentir sans me juger ?Est-ce que je sais me calmer quand l’émotion devient trop forte ?Est-ce que je ne me coupe pas complètement quand c’est inconfortable ?

Résultat

3 réponses “oui” ou plus :ton système émotionnel est globalement équilibré.

Majorité de “non” :ce n’est pas un problème, c’est simplement une compétence émotionnelle qui peut se développer.

Bonne nouvelle :le cerveau émotionnel reste plastique toute la vie.

On peut apprendre à :

  • ressentir davantage quand on est coupé

  • réguler quand on déborde

  • exprimer sans exploser

  • accueillir sans s’anesthésier



La vraie maturité émotionnelle

Au fond, la question n’est pas :

“Est-ce que je ressens trop ?”

ni :

“Est-ce que je ressens assez ?”

La vraie question est :

👉 Est-ce que je sais vivre mes émotions sans qu’elles me contrôlent… ni les fuir ?

La maturité émotionnelle, ce n’est pas ressentir moins.Ce n’est pas ressentir plus.

C’est ressentir juste pour soi —pas pour correspondre à une norme générationnelle qui change tous les dix ans.

 
 
 

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