Tu n’as pas besoin d’être parfait pour être quelqu’un de bien
- Marina Moreau

- il y a 4 jours
- 7 min de lecture
Il y a une chose que l’on oublie parfois dans le développement personnel : nous sommes des êtres humains.
Pas des êtres parfaitement alignés, toujours calmes, lumineux et capables de répondre avec amour à la personne qui vient de nous agacer pour la quatrième fois de la journée.
Des êtres humains.
Avec de très beaux côtés.
Et puis… avec d’autres côtés que l’on affiche un peu moins fièrement sur notre CV spirituel. 😅
✔ On peut être généreux et parfois égoïste.
✔ Doux et franchement pénible.
✔ Patient avec certaines personnes et beaucoup, beaucoup moins avec d’autres.
✔ On peut aimer profondément quelqu’un et avoir, malgré tout, envie de l’envoyer vivre quelques semaines sur une île déserte. Sans Wi-Fi.
Tout cela peut coexister en nous.
La vraie question n’est donc pas :« Est-ce que j’ai de mauvais côtés ? »
Bien sûr que tu en as.
Moi aussi.
La vraie question est plutôt :« Qu’est-ce que je choisis d’en faire et quelle partie de moi est-ce que je décide de nourrir ? »
Nous ne sommes jamais tout blancs ou tout noirs
Nous avons souvent tendance à ranger les gens dans des cases.
Les gentils d’un côté. Les méchants de l’autre.
Les personnes bienveillantes. Les personnes toxiques.
Les éveillées. Et celles qui, visiblement, n’ont pas encore reçu le mémo de l’Univers.
Mais la réalité humaine est beaucoup plus nuancée.
Une personne généreuse peut se montrer injuste.
Une personne douce peut devenir blessante lorsqu’elle a peur.
Une personne courageuse peut fuir certaines situations.
Une personne qui aime peut aussi faire du mal.
Cela ne signifie pas que tout se vaut, ni qu’il faut tout excuser. Certains comportements blessent, détruisent ou laissent des traces profondes. Ils doivent être regardés avec lucidité.
Mais un comportement ne raconte pas toujours toute une personne.
Nous portons tous en nous plusieurs possibilités.
Celle d’ouvrir notre cœur et celle de le fermer.
Celle d’écouter et celle d’attaquer.
Celle de prendre nos responsabilités et celle de rejeter la faute sur le monde entier — voire sur Mercure rétrograde quand vraiment, on ne sait plus quoi inventer.
Nos parts d’ombre ne disparaissent pas simplement parce que nous refusons de les regarder.
Elles deviennent seulement plus difficiles à reconnaître… et donc à choisir.
Vouloir supprimer ses mauvais côtés ne fonctionne pas
Quand on commence à travailler sur soi, on peut facilement tomber dans un petit piège.
On pense qu’évoluer signifie éliminer tout ce qui nous dérange chez nous.
✔ Ne plus jamais ressentir de jalousie.
✔ Ne plus se mettre en colère.
✔ Ne plus juger.
✔ Ne plus avoir peur.
✔ Ne plus être égoïste.
✔ Ne plus penser quelque chose de franchement peu glorieux sur quelqu’un.
En résumé : devenir une sorte de version humainement impeccable de soi-même.
Toujours calme.
Toujours juste.
Toujours compréhensif (ve).
Toujours disponible.
Toujours capable de transformer une blessure en merveilleuse leçon de vie avant même d’avoir fini de pleurer.
Tu vois le problème ?
Non seulement cette version n’existe pas, mais essayer de lui ressembler peut nous éloigner de nous-mêmes.
On commence à cacher ce que l’on ressent.
On culpabilise d’avoir certaines pensées.
On se juge dès qu’une réaction ne correspond pas à l’image de la personne que l’on voudrait être.
Et à force de vouloir devenir « meilleur », on finit parfois par devenir terriblement dur avec soi-même.
Certaines blessures ont juste besoin d'être vécues
Je sais que cette idée peut paraître presque "rebelle" dans certains milieux.
Mais je crois profondément que toutes les émotions n'ont pas besoin d'être immédiatement réparées.
La tristesse n'est pas un bug.
La colère n'est pas un manque de spiritualité.
La peur n'est pas une preuve que tu vibres mal.
Les émotions sont des messagères. Elles viennent raconter quelque chose.
Si on cherche à les faire taire trop vite avec une pensée positive ou une citation inspirante, c'est un peu comme mettre du parfum dans une maison qui brûle.
Ça sent peut-être meilleur.
Mais le feu est toujours là.
Une pensée ne définit pas qui tu es
Nous ne maîtrisons pas toujours la première pensée qui traverse notre esprit.
Nous ne choisissons pas non plus toutes nos émotions.
La jalousie peut surgir.
La colère peut monter.
La peur peut prendre toute la place.
Une petite voix peut nous souffler une remarque dont nous ne sommes pas particulièrement fiers.
Cette première réaction raconte souvent une blessure, une peur, un besoin non entendu ou un vieux mécanisme de protection.
Elle donne une information.
Elle ne donne pas une identité.
Tu peux ressentir de la jalousie sans être une personne jalouse.
Tu peux avoir une pensée égoïste sans être fondamentalement égoïste.
Tu peux réagir maladroitement sans être quelqu’un de mauvais.
Ce qui compte, c’est ce qui vient ensuite.
Est-ce que tu transformes cette émotion en attaque ?
Est-ce que tu la laisses guider tous tes choix ?
Est-ce que tu refuses de voir les dégâts provoqués par ton comportement ?
Ou est-ce que tu prends le temps de regarder ce qui se passe en toi ?
Il existe une différence immense entre ressentir quelque chose et choisir de le nourrir.
Ce que tu nourris finit par prendre plus de place
Imagine que plusieurs voix vivent en toi.
Il y a celle qui veut comprendre.
Celle qui veut se protéger.
Celle qui aime.
Celle qui se méfie.
Celle qui ose.
Celle qui voudrait fuir.
Celle qui a envie de pardonner.
Et celle qui prépare encore mentalement une excellente répartie trois jours après la dispute.
Toutes ces voix existent.
Selon les périodes de ta vie, certaines prennent davantage de place que d’autres.
Et chaque fois que tu écoutes l’une de ces voix, que tu agis à partir d’elle ou que tu entretiens son discours, tu la renforces un peu.
Nourrir sa colère ne signifie pas simplement ressentir de la colère. C’est la ressasser, lui donner raison en boucle, chercher tout ce qui pourrait la justifier et laisser cette colère décider de nos actes.
Nourrir l’amour ne signifie pas sourire bêtement à tout le monde et accepter l’inacceptable. C’est parfois poser une limite, dire non, quitter une situation ou reconnaître sa propre responsabilité.
Choisir l’amour n’est pas toujours le choix le plus doux en apparence.
C’est le choix qui respecte le mieux la vie, la tienne comme celle des autres.
Tes choix parlent plus fort que tes contradictions
On juge souvent notre valeur sur ce que nous ressentons.
« Si j’étais vraiment une bonne personne, je ne penserais pas ça. »
« Si j’avais réellement travaillé sur moi, je ne serais plus en colère. »
« Si j’étais suffisamment évolué, je réussirais à pardonner immédiatement. »
Tu sais, avoir travaillé sur soi ne signifie pas que toutes nos blessures ont disparu.
Cela signifie que nous pouvons commencer à les reconnaître avant de les laisser conduire la voiture.
La colère est là ? Tu peux choisir de ne pas humilier.
La peur est là ? Tu peux choisir de ne pas mentir.
La jalousie est là ? Tu peux choisir de ne pas dévaloriser.
La blessure est là ? Tu peux choisir de ne pas blesser à ton tour.
Et parfois, soyons honnêtes, tu ne feras pas le meilleur choix.
Tu parleras trop vite.
Tu réagiras avec ton ego.
Tu te fermeras.
Tu feras exactement ce que tu t’étais promis de ne plus faire.
C’est là que se joue une autre forme de choix : celui de reconnaître, de réparer et d’apprendre.
Dire :
« Là, je n’ai pas agi comme la personne que j’ai envie d’être. »
Cette phrase demande du courage.
Elle ne te condamne pas.
Elle te remet simplement face à ta responsabilité et à ton pouvoir de faire autrement.
Se lâcher la grappe ne signifie pas tout s’autoriser
S’accepter imparfait ne veut pas dire se donner une excuse permanente.
« Je suis comme ça » n’est pas une carte magique permettant de blesser les autres sans jamais se remettre en question.
Se lâcher la grappe, c’est arrêter de croire qu’une erreur annule toutes nos qualités.
C’est ne plus confondre responsabilité et condamnation.
La responsabilité dit :
« J’ai fait quelque chose qui ne correspond pas à mes valeurs. Je vais regarder, comprendre et réparer ce qui peut l’être. »
La condamnation dit :
« J’ai mal agi, donc je suis une mauvaise personne et je ne mérite plus mon propre amour. »
La première permet de grandir.
La seconde enferme dans la honte.
Et la honte nous aide rarement à devenir meilleurs. Elle nous pousse plutôt à nous cacher, à nous défendre ou à nier.
L’amour de soi, le vrai, n’efface pas nos responsabilités.
Il nous donne assez de sécurité intérieure pour les regarder sans nous effondrer.
Qu’est-ce que cette partie de moi essaie de protéger ?
Cherche-t-elle à éviter le rejet ?
À ne plus être humiliée ?
À garder le contrôle ?
À empêcher une ancienne douleur de revenir ?
Comprendre cette partie ne veut pas dire lui laisser les commandes.
Cela permet de l’écouter, de la rassurer et de choisir une réponse plus juste.
Tu peux ensuite te demander :
Si je nourrissais aujourd’hui la personne que j’ai envie de devenir, quel serait mon prochain choix ?
Pas pour les dix prochaines années.
Pas pour devenir irréprochable d’ici vendredi.
Juste pour maintenant.
Une parole à retenir.
Une excuse à présenter.
Une limite à poser.
Une conversation à avoir.
Une façon plus douce de te parler.
En conclusion : tu as le droit d’être pleinement humain
Tu n’as pas besoin d’être parfait pour être quelqu’un de bien.
Tu as le droit de te tromper.
Tu as le droit de traverser des émotions contradictoires.
Tu as le droit d’avoir parfois des pensées dont tu ne ferais pas une citation inspirante sur Instagram.
Tu peux être profondément aimant et encore porter de la colère.
Généreux et avoir besoin de penser à toi.
Courageux et parfois terrifié.
Conscient et encore maladroit.
Tu es un être humain en chemin, pas un produit fini avec contrôle qualité à la sortie.
Alors oui, continue de regarder tes comportements.
Continue de prendre tes responsabilités.
Continue de réparer lorsque tu blesses et de choisir, aussi souvent que possible, le côté de toi que tu veux voir grandir.
Mais, vraiment… lâche-toi un peu la grappe.
Le but n’est pas de devenir quelqu’un qui n’a plus aucune ombre.
Le but, c’est de devenir suffisamment conscient pour ne plus laisser cette ombre choisir systématiquement à ta place.
Et suffisamment aimant envers toi-même pour recommencer les jours où tu choisis moins bien.
C’est peut-être cela, finalement, grandir :
ne pas tout excuser…
sans jamais cesser de s’aimer.




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